De gauche, la silhouette du Christ charpentier se déploie tout entière : la verticalité de la stature, la légère inclinaison du corps appuyé sur la planche, la cascade des plis de la tunique qui descendent jusqu'aux pieds. C'est l'angle qui révèle la colonne intérieure de l'œuvre — cet axe vertical qui structure toute statue debout et qui dit, dans le langage muet de la sculpture, la dignité de l'homme.
Une statue en ronde-bosse — par opposition à un relief ou à un haut-relief — est conçue pour être vue sous tous les angles. Chaque côté doit être autonome, capable de tenir un regard à lui seul. Cette vue de gauche montre que la main droite sur le cœur reste lisible même de profil, et que les plis du drapé circulent autour du corps sans interruption. C'est le test ultime de la statuaire en pierre : tourner autour de l'œuvre et n'y trouver aucun angle mort.
Cette vue dit aussi quelque chose de la présence physique que prendra cette statue de 200 cm dans la chapelle du Cloître Saint-Jérôme à Marseille. Légèrement plus haute que la stature humaine, elle dialogue avec celui qui s'en approche sans l'écraser. C'est précisément ce que cherchent les commanditaires d'art sacré sérieux — paroisses, fondations, écoles catholiques : une statue en pierre naturelle qui soit une présence, et non un objet décoratif. Une œuvre devant laquelle on peut prier.