Une statue de 2 mètres ne se mesure pas en abstraction. Elle se mesure à l'aune du corps humain. Mon fils, debout à ses côtés, donne au regard la juste échelle de l'œuvre — celle dans laquelle elle vivra dans la chapelle des Apprentis d'Auteuil de Marseille, devant les jeunes accueillis et leurs accompagnants.
C'est une question essentielle dans toute commande de statue religieuse en pierre : quelle taille pour quel lieu ? Une statue de chapelle ne demande pas la même hauteur qu'une statue de jardin, ni qu'une statue d'église paroissiale. La présence physique d'une œuvre dépend de sa proportion par rapport à celui qui la regarde. Trop grande, elle écrase ; trop petite, elle s'efface. Pour ce Christ charpentier, j'ai choisi 200 cm — légèrement plus haut que la stature humaine — pour qu'il soit présent sans dominer.
Cette image dit aussi quelque chose du métier du sculpteur : une statue se sculpte sous le regard des proches, dans la durée d'une vie de famille, transmise comme un héritage. Mon fils a vu naître cette œuvre sous le ciseau pendant des mois — c'est cela aussi qui fait la tradition vivante de la statuaire en pierre, par-delà les modes industrielles. Une œuvre faite à la main, dans la durée, et qui traversera les siècles comme l'ont fait les statues de nos cathédrales.