De droite, l'iconographie du Christ charpentier se révèle dans toute sa singularité. C'est le côté où l'on voit clairement le rabot dans la main gauche — outil emblématique du métier — et la planche sur laquelle le Christ s'appuie. Ce profil n'est pas anodin : c'est le côté du travail, le côté où le Christ se montre en activité, ouvrier de Nazareth interrompu pour un instant de prière.
Cette vue de droite complète parfaitement la vue de gauche : ensemble, elles donnent une lecture 360° de la statue. Une sculpture en ronde-bosse bien conçue offre quatre silhouettes différentes mais cohérentes — face, profil gauche, dos, profil droit — qui se répondent en vivant. C'est ce que les sculpteurs grecs antiques appelaient la statue à quatre faces, et que les imagiers gothiques ont porté à un sommet rare dans les statues-colonnes des cathédrales.
Pour les commanditaires sérieux d'art sacré — paroisses, fondations, écoles catholiques — cette qualité de statuaire complète est essentielle. Une statue qui ne fonctionne que de face est une image plate, pas une véritable présence sculpturale. Pour le Cloître Saint-Jérôme à Marseille, j'ai conçu une œuvre qui se lit aussi bien depuis le centre de la chapelle que depuis ses côtés, depuis l'autel que depuis l'allée — une statue en pierre naturelle calcaire qui occupe réellement son espace.