Voici sainte Philomène achevée, debout et frontale. La pierre calcaire naturelle blanche, taillée à la main et finie au ciseau plat, a pris sa peau définitive — mate, claire, vivante de la lumière qui la traverse. La statue mesure 70 centimètres, échelle de la statue de dévotion privée, conçue pour l'oratoire d'un jeune prêtre, le presbytère, la chapelle de séminaire ou la niche d'un meuble de prière.
Le visage juvénile, frontal, regarde droit devant : traits doux, front haut, chevelure dénouée retombant en longues mèches sur les épaules. La main droite descend vers le bras d'une ancre marine dressée à ses pieds, instrument du martyre par noyade dans le Tibre. La main gauche, serrée contre la poitrine, tient ensemble la palme du martyre et une gerbe de fleurs de lys — victoire et virginité réunies. À ses pieds, l'ancre repose sur les trois pierres de l'épitaphe empilées verticalement et gravées dans l'ordre liturgique restitué PAX TE / CUM FI / LUMENA — qui se lit de haut en bas PAX TECUM FILUMENA, le salut chrétien complet à la sainte de la catacombe de Priscille.
C'est le type iconographique pleinement traditionnel de sainte Philomène, vierge et martyre des premiers siècles, mais réuni ici dans une composition originale : les quatre attributs majeurs — ancre, palme, lys, épitaphe — sont sculptés ensemble sur la même œuvre, ce que peu de statues modernes osent. Une figure de jeunesse indomptable, « ma chère petite sainte » du Curé d'Ars, debout dans le souffle du martyre. Lumena, pax tecum, Filumena : « Lumière, paix avec toi, Philomène. »