Au socle de la statue, sous l'ancre dressée, trois pierres. Sur chacune, en lettres capitales antiques gravées au burin, une portion de texte : LUMENA — PAX TE — CUM FI. Replacées dans l'ordre liturgique correct, elles se lisent : PAX TECUM FILUMENA, « Paix avec toi, Philomène ». Sur les deux dernières pierres, deux flèches gravées — instruments du martyre selon la tradition de Mugnano.
Cette inscription est la pierre fondatrice du culte de sainte Philomène. Le 25 mai 1802, dans la catacombe de Priscille à Rome (Via Salaria Nova), des ouvriers travaillant pour la Custode des reliques sacrées découvrirent un loculus scellé par trois fragments de terre cuite peinte en rouge, portant cette épitaphe gravée. Le sang séché conservé dans une fiole, le nom inscrit, les symboles de martyre : la jeune fille était identifiée. De ce moment, sainte Philomène fut rendue à l'Église.
Cette statue restitue l'épitaphe dans son ordre liturgique complet. Les trois pierres ne sont pas posées à plat dans le désordre du sépulcre, mais empilées verticalement : PAX TE en haut, CUM FI au milieu, LUMENA en bas. Lue de haut en bas d'un seul élan, l'inscription donne PAX TECUM FILUMENA — « Paix avec toi, Philomène » — la formule chrétienne complète du salut funéraire et dévotionnel adressé à la sainte.
C'est un choix volontaire et médité : le sculpteur n'a pas voulu reproduire le désordre matériel dans lequel les trois fragments furent retrouvés dispersés à Priscille en 1802, mais leur vérité spirituelle — celle que l'Église restitue en lisant l'épitaphe à l'endroit. On ne contemple pas un débris archéologique : on lit une stèle dévotionnelle, on récite le salut. Les flèches du martyre, gravées comme à Priscille, accompagnent les trois pierres. Très peu de statues modernes de sainte Philomène osent cette précision théologique : c'est la signature d'un sculpteur lettré, qui place la prière avant l'archive.