Vu de trois-quarts, saint Paul révèle ses deux attributs traditionnels. La main qui tient l'épée apparaît plus nettement — arme courte, à pommeau, posée le long de la cuisse. C'est l'instrument du supplice : citoyen romain, Paul fut décapité et non crucifié, sur la voie d'Ostie sous Néron, traditionnellement en 67 ap. J.-C.
Mais l'épée est aussi, et surtout, le glaive symbolique. Dans l'épître aux Éphésiens (6, 17), Paul écrit : « Prenez le casque du salut et le glaive de l'Esprit, qui est la Parole de Dieu. » L'épée de saint Paul n'est pas l'épée du soldat : c'est la Parole tranchante comme un glaive, qui sépare l'âme et l'esprit, le vrai et le faux. Elle est arme de prédication, non de guerre.
Dans l'autre main, plaqué contre la poitrine, le livre des épîtres — treize lettres canoniques attribuées à Paul dans le Nouveau Testament. Le livre et l'épée se complètent : la Parole écrite et la Parole tranchante, l'évangile diffusé et la conversion radicale. C'est tout saint Paul dans ces deux objets — le pharisien devenu apôtre, le persécuteur devenu missionnaire, le citoyen romain devenu martyr.