Voici saint Paul achevé, debout et frontal. La pierre calcaire, polie à la finition, a pris sa peau définitive — lisse, blanche, vivante de la lumière qui la traverse. La statue mesure 140 centimètres, échelle d'homme debout, à hauteur d'icône monastique pour l'oratoire ou la chapelle bénédictine.
Le visage, frontal, regarde droit devant : barbe longue, front haut, calotte dégarnie, selon le type iconographique fixé depuis le haut Moyen Âge. La main gauche tient le livre des épîtres contre la poitrine, la main droite descend vers l'épée du martyre, dont le pommeau dépasse à hauteur du genou. Le drapé long, sculpté à la gradine, tombe en plis verticaux jusqu'au socle — on devine, sous la matière, la chair du voyageur missionnaire qui a parcouru trois fois la Méditerranée.
C'est le type pleinement traditionnel de saint Paul apôtre tel qu'il est figuré dans les portails des cathédrales gothiques, dans la fresque de la Chapelle Pauline de Michel-Ange au Vatican, dans les vitraux de Chartres. Une figure de pouvoir tranquille — le pouvoir de la Parole, plus tranchant que l'épée d'acier. Cucurri cursum, fidem servavi : « J'ai achevé ma course, j'ai gardé la foi. » (II Tim 4, 7).