Avant la pierre, il y a l'argile. Avant le bloc, il y a la silhouette première — cette petite étude modelée à la main sur l'établi, à hauteur d'œil, qui cherche le volume juste, l'inclinaison de la tête, le poids du drapé, la position des deux attributs.
Ici, le sculpteur travaille la posture de saint Paul debout, drapé du voyageur missionnaire, l'épée portée et le livre des épîtres tenu contre la poitrine. L'argile, matière souple et complice, permet d'essayer, défaire, reprendre. Le visage barbu est esquissé, le front haut selon la tradition iconographique. Rien n'est encore définitif. Tout est possible.
Cette étape de l'argile première est essentielle pour la fabrication d'une statue religieuse en pierre naturelle : elle prépare le geste de la taille directe, où chaque coup de ciseau sera irréversible. L'argile est la mémoire de la main, le brouillon vivant. Une fois la posture trouvée, le sculpteur peut acquérir le bloc de pierre calcaire et y reporter le dessin grandeur nature : le bloc capable peut commencer.