Voici l'œuvre achevée. Saint Antoine le Grand se dresse en pied, grandeur nature, dans la longue robe de l'ermite. La barbe abondante et le regard levé vers le ciel disent l'homme du désert, tout entier tourné vers Dieu. Toute la silhouette respire la force tranquille du vieil ascète victorieux.
Le geste central est un combat : de son bâton, le saint terrasse le démon couché à ses pieds — les tentations affrontées au désert et vaincues par la foi. Dans la pénombre veille le petit cochon, son fidèle compagnon ; contre lui, le livre des Écritures, méditées jour et nuit. Une main pour combattre, le cœur tourné vers la Parole.
On comprend pourquoi la Légion étrangère a fait d'Antoine son patron : le saint qui a tout quitté, qui tient bon dans l'épreuve et qui terrasse l'ennemi intérieur est le frère d'armes spirituel du légionnaire. Cette statue en pierre véritable, taillée à la main, donne à ce combat un visage et une présence pour des générations de fidèles.