Détachée sur un fond sombre, la statue se révèle tout entière. La lumière glisse sur la pierre calcaire, accuse les plis du drapé, creuse les ombres de la barbe et du visage : l'ermite semble surgir de la nuit du désert. C'est la vue qui donne à voir l'unité de l'œuvre, des épaules jusqu'au démon terrassé.
On mesure ici que la statue est une ronde-bosse complète : sculptée et finie sur toutes ses faces, jusque dans les replis du dos, elle peut être tournée, contournée, regardée de partout — à la différence de la statuaire en demi-bosse, plate à l'arrière, faite pour être adossée à un mur. C'est une vraie sculpture dans l'espace, non un décor.
Cette plénitude de la forme est aussi un signe : une statue en pierre véritable, taillée à la main, possède une présence que nul moulage de série ne peut imiter. Elle capte la lumière, vieillit noblement, et tient sa place de témoin silencieux au milieu de la communauté qui prie devant elle.