Cette baigneuse en terre crue patinée appartient à la longue tradition du nu féminin en sculpture — celle des Renoir, des Maillol, des Rodin — tout en affirmant une sensibilité contemporaine dans le traitement de la matière. La terre crue, travaillée directement à la main, conserve la trace du geste du sculpteur dans chaque creux, chaque saille.
La patine bicolore — ocre dorée en lumière, vert cendré dans les ombres — est obtenue par l'application successive de pigments naturels qui font vibrer la surface comme une peau vivante. Le socle rocheux, brut et irrégulier, ancre la figure dans un lieu évocateur : une pierre plate au bord d'un ruisseau, un instant d'été suspendu.