Le dos offre une tout autre lecture de la sculpture. Dépouillé de l'expressivité du visage, il impose une présence plus austère, plus silencieuse. La colonne vertébrale se devine sous la peau modelée avec une grande précision anatomique — une légère dépression marque son tracé depuis la nuque jusqu'aux reins, où la chair se creuse avant de s'arrondir à nouveau.
Les omoplates ressortent discrètement sous la surface, suggérant la tension musculaire d'un corps vivant. Le sculpteur a su rendre ce paradoxe propre à la figure humaine : la beauté du dos nu tient précisément à ce que l'on ne voit pas — le souffle, le frémissement intérieur, la chaleur que la matière ne peut qu'évoquer sans jamais tout à fait l'atteindre.
La chevelure, étudiée avec soin, est l'élément majeur de cette vue. Les mèches ondulées s'organisent en masses souples qui cascadent sur la nuque et s'animent vers la main droite levée. La patine bicolore — orange vif en lumière, vert sombre dans les creux — sculpte les volumes avec une efficacité redoutable, donnant à la surface une profondeur chromatique rare dans la terre crue.