C'est depuis cet angle trois-quarts que la sculpture déploie sa plus grande richesse compositionnelle. La vue combine ce que la face et le profil donnent séparément : l'expression du visage et la profondeur spatiale du corps, la chevelure dans son volume et le jeu des bras dans leur dimension. C'est l'angle du sculpteur lui-même — celui depuis lequel on juge l'équilibre global d'une ronde-bosse.
Le visage se tourne vers le spectateur avec une légère réserve. La baigneuse semble avoir surpris ce regard posé sur elle, et sa réaction est une acceptation tranquille de cette présence. Ce sourire intérieur, à peine esquissé sur les lèvres, donne à toute la pièce une chaleur humaine qui transcende le simple exercice académique. On est face à un caractère, pas seulement à un corps.
La torsion légère du torse, à peine perceptible de face, est ici pleinement lisible. L'épaule gauche s'efface légèrement en arrière tandis que la droite avance, créant cet effet de rotation qui donne vie aux meilleures sculptures figuratives. La patine — tons miel et safran sur les volumes éclairés, verts d'oxyde dans les ombres — révèle ici toutes ses nuances. L'œuvre, vue ainsi, est complète.