Le profil est l'angle de la silhouette. C'est lui qui dit la vérité de la posture : la statue est-elle vraiment debout, ou penchée ? La tête est-elle vraiment droite ? Le chapeau est-il horizontal, ou incliné vers l'arrière ? Sur cette photographie prise dans la pénombre de la cathédrale, en lumière rasante, le profil du saint Jacques de Lectoure révèle sa tenue parfaite.
Le chapeau à large bord, attribut universel du pèlerin jacquaire, est rejeté légèrement vers l'arrière, dégageant le front. Cette inclinaison n'est pas anodine : dans l'iconographie médiévale, le pèlerin tient son chapeau ainsi pour montrer son visage, son regard, sa disponibilité à l'autre. Ce n'est pas un homme dissimulé, c'est un homme en chemin et ouvert — un témoin. Le buste, lui, est massif, ramassé : le pèlerin marche depuis longtemps, il a porté la pluie et le vent.
Le clair-obscur de la photographie révèle la matière vivante de la pierre. Lumière et ombre se partagent le buste, et c'est dans ce partage qu'on lit le modelé de la sculpture — le sourcil, l'aile du nez, l'attache de la barbe au cou, la coquille sculptée en haut-relief sur le chapeau. Ce clair-obscur n'est pas un effet photographique imposé : c'est la lumière de la cathédrale elle-même, telle qu'elle baigne la statue depuis vingt ans. Voir aussi le visage barbu en gros plan.