Vu de face, le saint Jacques de Lectoure apparaît dans toute sa verticalité de pèlerin. La photographie capte la statue dans la lumière dorée de la cathédrale — lumière naturelle qui tombe d'une baie, faisant ressortir le modelé de la pierre calcaire et le grain doux de la matière. Le corps est droit, les épaules carrées, le poids également réparti sur les deux jambes — non en marche, mais arrêté, en présence hiératique.
Cette posture hiératique est l'une des marques de l'iconographie médiévale classique que reprend ici le sculpteur. À la différence des saints baroques aux gestes amplifiés, à la différence des sculptures contemporaines aux tensions expressives, le pèlerin de Lectoure se tient là, debout, immobile, intérieur. Rien d'anecdotique, rien de pathétique — la pure présence de la pierre. C'est le parti pris des grandes statues-colonnes gothiques de Chartres, de Reims, d'Amiens, dont le sculpteur s'inspire pour cette première statue d'art sacré.
Tous les attributs jacquaires sont visibles depuis cette vue de face : le manteau long du voyageur qui tombe jusqu'aux pieds en plis verticaux, le chapeau à large bord orné de la coquille, le bourdon serré de la main droite contre le cœur, la besace à la ceinture. Le visage barbu, encadré d'une chevelure longue, le regard intérieur — ces détails appellent les autres vues de l'œuvre.