Vu de trois-quarts, saint Jacques révèle ses deux attributs majeurs. Le bourdon apparaît d'abord — long bâton de marcheur, terminé d'un pommeau. Le pèlerin le serre contre son cœur, comme on tient un objet sacré. Le bourdon n'est pas une simple canne : c'est l'instrument du marcheur, son compagnon de mille kilomètres, son point d'appui dans les côtes, son arme contre les bêtes et les voleurs, son signe qui fait reconnaître le pèlerin à tous.
Au chapeau à large bord, sculptée en haut-relief, la coquille Saint-Jacques — pecten maximus — emblème universel du pèlerin jacquaire. Selon la tradition, les pèlerins ramassaient cette coquille sur les plages de Galice, après être arrivés à Compostelle. Ils la fixaient au chapeau, au manteau ou à la besace pour témoigner de leur pèlerinage accompli. La coquille est devenue, par-delà sa fonction de signe, le symbole iconographique de saint Jacques lui-même — à tel point qu'il n'y a pas de saint Jacques sans coquille dans la statuaire chrétienne depuis le XIIe siècle.
Cette vue de trois-quarts permet de saisir la main droite qui étreint le bourdon — doigts modelés un à un dans la pierre calcaire, plis de la peau au poignet, jointure avec le bois du bâton. À l'arrière-plan se devine la retombée du manteau, retravaillée en plis serrés. La besace — ou aumônière — pend à la ceinture, hors champ. Tout l'équipement du marcheur jacquaire est là, taillé dans la pierre.