Cette Vénus Antique en pierre calcaire taille directe 1,20 m reprend volontairement la forme du torse fragmentaire — sans tête, sans bras — qui caractérise tant de chefs-d'œuvre de l'Antiquité parvenus jusqu'à nous.
Ce qui était originellement un accident archéologique est devenu un parti pris esthétique. La Vénus de Milo (Louvre), trouvée mutilée en 1820, a fait découvrir à l'Occident moderne qu'une sculpture incomplète peut être plus puissante qu'une sculpture entière. Le Torse du Belvédère au Vatican, qui inspira Michel-Ange, est un autre exemple. Le torse permet de concentrer le regard sur l'équilibre des volumes, la tension entre les hanches et les épaules, la respiration de la cage thoracique — sans la distraction des détails du visage et des mains. Au XXe siècle, Rodin avec sa Méditation sans bras, Maillol, Brancusi, Despiau ont fait du torse un genre majeur en soi. Cette Vénus en pierre s'inscrit dans cette lignée — le geste est volontaire, l'incomplétude assumée comme forme accomplie.