Le profil droit est l'angle de la silhouette — celui qui réduit la sculpture à sa ligne de contour et met ainsi à l'épreuve la pureté de la forme. Vue de profil, la Vénus dessine une arabesque continue depuis le haut du torse tronqué jusqu'aux hanches qui disparaissent dans le socle rocheux. Cette ligne — convexe sur la poitrine, concave sur le ventre, convexe à nouveau sur les hanches — est la signature formelle de la Vénus dans toute l'histoire de la sculpture.
La pierre calcaire, vue en contre-jour ou en lumière latérale forte, révèle une translucidité légère dans les zones les plus minces qui donne à la surface une qualité presque organique. Ce n'est plus de la pierre froide — c'est une matière qui semble respirer, qui absorbe la lumière et la restitue avec chaleur. C'est cette propriété particulière du calcaire qui explique son utilisation préférentielle dans la sculpture figurative depuis l'Antiquité.
Le socle en pierre brute, taillé avec une liberté totale — aucune régularité, aucune géométrie imposée — est vu ici dans toute son ampleur. Sa surface hachurée, ses arêtes vives, ses creux profonds contrastent avec la douceur polie du torse. Entre la matière brute et la matière sculptée, tout le geste du sculpteur se résume.