De profil gauche, Notre-Dame de la Salette révèle toute la puissance de sa composition. La Vierge est assise, le corps penché vers l'avant, les deux mains couvrant son visage dans le geste universel de la douleur et des larmes. C'est exactement ainsi que les deux bergers — Mélanie et Maximin — l'ont vue apparaître le 19 septembre 1846 sur la montagne alpine de La Salette : assise sur un rocher, les coudes sur les genoux, le visage entre les mains, pleurant.
Depuis ce profil, on lit parfaitement les symboles sculptés avec précision par Jean-Joseph Chevalier. La couronne de roses qui encercle le diadème — ces roses que les témoins décrivent comme changeant de couleur, d'une beauté surpassant toute fleur terrestre — est traitée avec une délicatesse qui dit la difficulté technique de sculpter ces petites fleurs dans la pierre calcaire. La guirlande de roses qui borde le fichu, posé sur les épaules selon la coutume des femmes de l'Oisans, descend jusqu'à la ceinture.
Le socle en pierre brute, taillé dans le même bloc, ancre la figure dans son environnement originel — la montagne, le rocher où elle s'est assise. La Vierge de la Salette n'est pas une Vierge de trône ou d'apparat : c'est une femme assise sur un caillou de la montagne, dans une posture d'épuisement et de douleur qui a touché deux enfants bergers au point qu'ils n'ont jamais varié dans leur témoignage.