✦ Invention iconographique ✦
Une seule main
pour la source du don
La statuaire traditionnelle de sainte Thérèse — héritée de la statue dite de Céline sculptée au carmel de Lisieux par sœur Geneviève dans les années 1910-1920 — représente le plus souvent la sainte tenant séparément le crucifix d'une main et un bouquet de roses de l'autre, ou les roses aux pieds. La présente statue choisit, à l'inverse, de ramener à un seul geste, à la main droite, les deux attributs.
Le choix est théologiquement éloquent. La promesse de la pluie de roses (la mission, le don au monde) n'est pas dissociable de l'union à la Croix qui en est la source même. Toute la petite voie est amour cruciforme — non sentimentalisme floral. La rose et le clou tenus ensemble disent cela : ce qui est précieux, ce qui sauve, ce qui sera donné, ne se sépare pas de la Croix de l'Époux.
La main est ramenée contre la poitrine, à hauteur du cœur. Elle ne brandit pas, elle étreint. Geste de l'intériorité mariale et nuptiale, geste de la jeune carmélite cachée qui garde au plus secret d'elle-même la source de toute sa mission : les fleurs à donner au monde, et la Croix qui les rend possibles.
« Ma vocation, c'est l'amour. »
— Sainte Thérèse de Lisieux, Manuscrit B, 1896