✦ Pluvia rosarum ✦
La promesse
en train de s'accomplir
Une main suffit pour qu'une statue change de nature. Ici, la main gauche est abaissée le long du corps, paume légèrement ouverte vers l'extérieur — non pas portant un bouquet de roses comme dans la statuaire traditionnelle, mais laissant tomber les roses, une à une, sur la terre. Le geste est descendant, généreux, sans réserve. C'est la pluvia rosarum, la pluie de roses, en train de se faire.
Sainte Thérèse n'a pas écrit elle-même cette image. Elle l'a prononcée, presque incidemment, dans une conversation rapportée par sa sœur Pauline (Mère Agnès de Jésus) dans les Carnets jaunes — ce recueil qui forme aujourd'hui les Derniers Entretiens. Le 9 juin 1897, alors qu'elle se sait mourante, elle dit : « Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre… Je ferai tomber une pluie de roses. » En quelques mots, l'iconographie thérésienne du XXᵉ siècle se trouvait posée pour mille statues à venir.
La présente sculpture refuse pourtant la rose-attribut, la rose-décor, la rose-épingle au manteau. Elle figure la rose en mouvement, en chute libre, en don. La sainte n'est pas la sainte aux roses — elle fait pleuvoir les roses. C'est tout autre chose. C'est l'intercession céleste en acte, telle que la tradition catholique l'a comprise dès la béatification en 1923 : la jeune carmélite cachée tient promesse depuis le ciel.
« Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre… Je ferai tomber une pluie de roses. »
— Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Derniers Entretiens, 9 juin & 17 juillet 1897