Vues V & VI  ·  Atelier  ·  Dessin préparatoire & visage taillé en direct

Genèse de l'œuvre

Du dessin au visage qui émerge du bloc
VI  ·  Le Dessin préparatoire
Dessin préparatoire au crayon de la statue Sainte Thérèse de Lisieux — composition complète : silhouette féminine voilée debout sur le rocher, dans une attitude de recueillement et de don. Cette esquisse pose la composition verticale, l'équilibre des masses et le mouvement intérieur cœur-vers-monde qui structurera toute l'œuvre sculptée. Étape préalable à la taille directe dans la pierre véritable, pierre calcaire naturelle. Atelier Jean-Joseph Chevalier, sculpteur d'art sacré chrétien — commande paroissiale 2013 pour la paroisse Sainte-Thérèse de Toulon.
Esquisse au crayon  ·  Pose la composition verticale
V  ·  Le Visage en atelier
Vue d'atelier — le visage de sainte Thérèse de Lisieux en cours de taille directe, émergeant progressivement du bloc de pierre calcaire naturelle. Expression douce, légèrement souriante, sereine. Outil de sculpteur (gradine ou ciseau plat) posé sur le bloc, tracés rouges au crayon guidant la taille. Sans moulage ni report mécanique : l'œuvre est arrachée au bloc geste après geste, technique traditionnelle de la taille directe à la main. Sculpteur d'art sacré chrétien Jean-Joseph Chevalier, atelier de Brignoles (Var, Provence) — commande paroissiale 2013 pour la paroisse Sainte-Thérèse de Toulon.
Taille directe en cours  ·  Visage émergeant du bloc
✦   Atelier  ·  Taille directe   ✦

Du trait au bloc
arraché à la pierre

Toute sculpture en pierre véritable commence par un trait. Avant que la pointerolle n'attaque le bloc, avant que le ciseau plat n'affine les surfaces, il y a le dessin préparatoire — la pensée qui cherche, qui pèse les masses, qui décide où la verticale du voile rencontrera l'oblique du drapé. Sur cette esquisse au crayon (vue VI), toute la statue est déjà là : la silhouette voilée debout sur son rocher, le mouvement intérieur cœur-vers-monde, l'équilibre des proportions. Le sculpteur ne taillera ensuite plus qu'à arracher de la pierre ce que le dessin a déjà vu.

La taille directe à la main

Vient ensuite le bloc. Sur la photo d'atelier (vue V), le visage de la sainte émerge progressivement de la masse de calcaire — il n'y est pas encore tout à fait, et il y est déjà. C'est tout l'art de la taille directe : sans moulage d'un modèle préalable, sans report mécanique par compas ou pointage, l'œuvre est arrachée au bloc geste après geste. Le sculpteur ne peut pas revenir en arrière. Chaque éclat de pierre détaché est définitif. Ce qui se voit ici dans la photo — les tracés rouges au crayon guidant la taille, l'outil posé sur le bloc, le visage encore en partie pris dans la matière brute — c'est exactement ce geste-là, fixé un jour de 2013 dans l'atelier de Brignoles.

Cette technique est celle de la grande tradition de la statuaire chrétienne, depuis les ateliers romans jusqu'aux maîtres de la Renaissance, depuis les imagiers gothiques jusqu'aux sculpteurs des cathédrales. C'est elle qui distingue la pierre véritable de la résine de marbre reconstituée, du plâtre patiné, de la statuaire industrielle moulée par milliers. Une statue taillée à la main porte la trace de la main qui l'a faite — elle a son visage propre, sa lumière propre, son imperfection vivante.

Une pièce unique signée

L'œuvre achevée (vue I) n'est pas reproductible. Elle est la statue Sainte Thérèse de Lisieux de la paroisse Sainte-Thérèse de Toulon — pas une parmi mille, mais celle-ci, exactement, avec son dessin, ses choix, sa pierre, son visage. Une pièce unique signée destinée à durer des siècles, comme dure la pierre véritable des cathédrales du XIIe. C'est cela qu'on commande à un sculpteur d'art sacré chrétien : une œuvre, pas un objet de série.

Aperçu