Vue arrière, la statue révèle son secret d'atelier — celui qu'on ne voit jamais sur les statues de série. La chevelure longue libre tombe en mèches sculptées une à une dans la pierre calcaire, jusqu'au bas du dos. La couronne de roses reste visible en haut, ceignant la tête comme un diadème de Paradis.
C'est la ronde-bosse complète — la signature historique de la sculpture sur pierre traditionnelle. La statue est finie au ciseau plat jusque dans les replis du dos, sans face privilégiée, sans revers escamoté. Cette technique s'oppose à la statuaire en demi-bosse industrielle — celle qu'on adosse au mur, dont le dos n'est qu'une masse non finie, parce que le moulage le permet.
La pierre véritable taillée à la main exige l'inverse : la statue doit pouvoir se contempler sous tous les angles, comme une œuvre complète. Au socle, la signature de l'atelier est discrètement gravée — marque finale du sculpteur, garantie d'authenticité, geste qui inscrit l'œuvre dans la grande tradition de la statuaire chrétienne classique.