La vue de dos est la grande inconnue des statues d'art sacré — celle qu'on néglige souvent et qui pourtant signe le sculpteur véritable. Ici, la statue de saint Joseph Artisan en pierre calcaire 120 cm révèle tout son tombé magistral. Le drapé descend en longues lignes verticales, presque architecturales, depuis les épaules jusqu'au socle de pierre brute. Les plis se creusent, les volumes s'arrondissent doucement, et le manteau du saint enveloppe le corps comme une colonne romane portant l'arche d'une voûte.
L'éclairage rasant de cette photographie sculpte la pierre avec une intensité presque dramatique : la lumière vient souligner l'arête de l'épaule, le creux entre les omoplates, le mouvement subtil de la hanche, et le grand tombé du drapé arrière. La pierre calcaire naturelle, douce et vibrante, joue de cette lumière en clair-obscur, gardant l'ombre dans les vallées de pierre. C'est l'art ancien des sculpteurs d'art sacré qui savaient faire chanter la matière par le seul jeu de la taille et de la lumière, sans peinture ni dorure, sans aucun artifice surajouté.
Cette vue arrière prouve que la statue est sculptée entièrement à la main, en ronde-bosse complète — ce qu'aucun moulage industriel ne peut imiter avec cette même richesse. Chaque pli du drapé a été tiré du bloc par Jean-Joseph Chevalier, sculpteur d'art sacré à Brignoles dans le Var, sans report mécanique. C'est la preuve d'une pièce unique d'art sacré, taillée dans l'atelier de Brignoles en Provence-Alpes-Côte d'Azur, et destinée à occuper dignement un chœur de chapelle, un oratoire paroissial, ou tout sanctuaire dédié à saint Joseph Artisan, patron des travailleurs (fête du 1er mai).