Dans la statuaire religieuse, tout se joue dans les visages. Celui de la Vierge ici — regard baissé vers ceux qui viennent la prier, pommettes hautes, sourire retenu — porte toute la tradition des madones sculptées en pierre calcaire, de la Vierge romane aux gisants gothiques. La jeune femme que représente Marie n'est ni une icône abstraite ni un portrait trop humain : elle est à la juste distance.
Le visage de l'Enfant, lui, tout à son jeu avec les plumes de casoar du shako, a la rondeur et la gravité d'un petit Dieu. Les joues pleines, la bouche qui souffle, le regard concentré — c'est dans cette concentration enfantine que passe le mystère. Un jeu sacré. La pierre naturelle calcaire permet cette finesse parce qu'elle se prête sans résistance au ciseau et à la râpe, tout en conservant sa tenue.
Cette finesse du modelé n'est possible qu'avec un travail à la main, centimètre par centimètre. C'est ce qui distingue une sculpture en pierre taillée d'une statue reconstituée ou moulée : la présence du geste du sculpteur dans chaque trait, chaque courbe, chaque transition. Pour une statue de Vierge à l'Enfant sur commande, c'est précisément cela qu'on recherche — la trace vivante de la main.