C'est le visage qui dit tout. La tête renversée vers le ciel — ce mouvement d'élévation du regard qui, depuis les Pietà de la Renaissance jusqu'aux sculptures baroques les plus expressives, est le geste propre de la Mater Dolorosa — exprime une douleur qui ne se ferme pas sur elle-même mais s'offre, se tend vers le haut. Ce n'est pas l'abandon, c'est la remise.
La qualité du modelé est saisissante à cette échelle de détail. Les paupières mi-closes, le galbe de la joue, la bouche légèrement entrouverte dans un soupir ou une prière muette — chaque détail du visage est traité avec une finesse qui dit la maîtrise du sculpteur dans le travail de la pierre calcaire. La lumière rasante révèle les micro-reliefs de surface, les traces du ciseau qui donne à la pierre une vie propre.
Le voile, visible dans la partie supérieure de l'image, encadre ce visage d'une masse textile finement sculptée. Les plis du tissu créent un mouvement qui porte le regard vers le visage comme vers un centre. La Mater Dolorosa n'est pas une figure de beauté froide — c'est une figure de beauté transfigurée par la douleur, et c'est précisément ce que ce visage dit avec une économie de moyens remarquable.