De profil droit, la statuette déploie toute sa dynamique verticale. La tête renversée en arrière crée une ligne ascendante depuis les genoux repliés jusqu'au menton levé, comme si la nymphe cherchait à s'élancer vers le haut, retenue seulement par le poids de sa posture agenouillée. Cette tension entre l'élan et l'ancrage est le ressort dramatique principal de la composition.
La silhouette se détache avec une netteté exemplaire sur le fond sombre — dos cambré, ventre légèrement en avant, épaules rejetées — une arabesque corporelle qui évoque autant la danse que le bain. La patine bronze, à cette lumière rasante, accentue chaque relief : la courbe des côtes sous la peau, la tension du cou étiré, la rondeur du genou saillant.
Le profil révèle aussi le travail invisible : la qualité de la chevelure, qui se sépare en deux masses sur les épaules, les détails du rocher-socle dont les aspérités contrastent avec le lissé du corps, et enfin l'emprise des mains sur les jambes — ce geste discret qui dit à lui seul toute la concentration de la figure sur elle-même.