De face, La Naïade se présente dans toute sa clarté narrative. La figure est assise au bord d'un rocher imaginaire, la jambe gauche plongeant dans l'eau, la main droite effleurant la surface dans un geste d'une légèreté absolue. Ce double contact avec l'élément aquatique — jambe et main — est le geste définitoire de la naïade, cette nymphe des eaux douces que la mythologie grecque plaçait dans les sources, les rivières et les lacs.
La patine or brillante, dense et lumineuse, transforme la terre crue en métal précieux. Mais c'est un or vivant, non uniforme — les creux s'assombrissent, les saillies captent la lumière et la restituent avec une intensité presque solaire. Vue de face, la sculpture révèle la qualité du modelé : la finesse du visage légèrement incliné, la tension des bras, l'arrondi des genoux, la délicatesse des pieds au contact de l'eau.
Le socle en granit vert, aux teintes profondes et minérales, ancre la figure dans un univers naturel cohérent. Ce vert de pierre évoque le fond des rivières, les algues, la fraîcheur des eaux vives. Entre l'or ardent de la figure et le vert froid du granit, toute la poésie de la naïade se joue en quelques centimètres.