De profil, la Fillette au Silence révèle toute la cohérence de sa composition. La silhouette enfantine — épaules rondes, dos légèrement voûté dans la concentration, genoux repliés — dessine une forme compacte et dense qui dit l'enfance dans ce qu'elle a de plus universel. Le bras levé vers le visage, le coude saillant, le poignet délicat — tout cela est juste, anatomiquement et expressivements.
La tresse, est un élément sculptural majeur de cette sculpture. Elle se devine, descend depuis la nuque jusqu'à l'épaule en une spirale serrée et précise, témoignant d'un travail de taille particulièrement soigné dans cette zone difficile. La taille directe ne pardonne aucune hésitation — et cette tresse dit la confiance absolue du sculpteur dans son geste.
Le socle en pierre brute, irrégulier et organique, dialogue avec la régularité de la figure. Entre la surface polie de la fillette et la rugosité du rocher sur lequel elle s'agenouille, tout le propos sculptural se résume : faire surgir la douceur de la rudesse, l'enfance de la matière brute.