Saint Luc évangéliste et iconographe · Statuette terre cuite patinée bronze 25 cm
Vue II · IV
L'Icône
Trois-quarts — L'attribut du peintre
De trois-quarts, l'icône se révèle. Sur le fond noir, le bronze chante : les arêtes du drapé captent la lumière, et la main droite, vue de profil, serre la planchette peinte contre la poitrine. C'est l'attribut iconographique majeur du saint patron des artistes — ce qui le distingue, dans le tétramorphe et dans la statuaire, de tous les autres évangélistes.
La légende, attestée dès le VIe siècle et reprise par la Légende dorée de Jacques de Voragine au XIIIe, veut que saint Luc ait peint plusieurs portraits de la Vierge de son vivant. L'icône dite de la Salus Populi Romani, conservée à Sainte-Marie-Majeure à Rome, lui est attribuée — comme la Vierge Noire de Częstochowa, icône nationale polonaise, et la Madone du sanctuaire de San Luca à Bologne. La main de Luc qui peint Marie est devenue le geste fondateur de tout l'art sacré.
Le sculpteur d'art sacré a modelé cet attribut volontairement petit — comme une icône portable du voyageur. La main qui l'enserre n'est pas seulement protectrice : elle est active, presque prière. C'est ce geste qu'ont repris en peinture Rogier van der Weyden vers 1435-1440 (musée des Beaux-Arts de Boston), Heemskerck, El Greco, Vasari, Jordaens. Et c'est sous ce patronage que se sont réunies, dès le XIVe siècle, toutes les Guildes de Saint-Luc d'Europe.