Saint Luc évangéliste et iconographe · Étape d'atelier · Statuette 25 cm
Vue IV · IV
L'Argile
L'argile fraîche — Avant la cuisson, avant la patine
Avant le bronze, il y a l'argile. Cette vue d'atelier saisit la silhouette première du saint Luc — le moment où la main du sculpteur d'art sacré pose les volumes sur l'établi : la verticalité du saint debout, le drapé en cours, la tête déjà penchée vers les attributs, l'icône et le parchemin ébauchés dans la matière tendre. L'argile est fraîche, humide, malléable : elle accepte encore tout.
L'argile est la plus ancienne matière de la statuaire chrétienne. Dans les catacombes romaines, les premiers chrétiens modelèrent leurs figurines votives en argile crue. Au Quattrocento toscan, Donatello, Verrocchio, Della Robbia firent de la terre cuite l'égale du marbre. C'est cette tradition que prolonge l'atelier, en lui ajoutant la patine bronze — le geste contemporain sur la matière ancestrale. De l'argile au métal, en passant par le four.
Cette photographie est volontairement dans le dossier de la statuette. Parce qu'une œuvre d'art sacré n'est pas une marchandise posée dans une vitrine : c'est un geste lent, qui commence par l'argile sur la planche, traverse les heures du modelage et les semaines du séchage, et finit dans la chaleur du four et la couche de bronze. La transparence de l'atelier fait partie de l'œuvre. Vous savez d'où vient ce que vous tenez dans la main.