Vue de profil, l'autel déploie ses proportions — sobre, épuré, d'une grande dignité. La meule gravée de ses sillons rayonnants occupe le centre du fût, entre la table de pierre et le socle. Elle tourne — symboliquement — autour de son axe, broyant le grain pour en faire la farine.
« Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12, 24). Ces paroles du Christ, dont s'était emparée Bernadette pour parler de sa propre vie, deviennent ici architecture sacrée. L'autel à la meule est une méditation sculptée sur la fécondité du sacrifice — offert dans un quartier où les habitants connaissent eux-mêmes ce que signifie être broyé par la vie, et espérer en être transformés.