Vue de trois-quarts, la structure de l'autel révèle sa logique — une table de pierre calcaire blanche, pure et sobre, repose sur la meule, elle-même posée sur un socle de même pierre. La meule — cœur de l'autel — n'est pas cachée, elle est exposée, assumée, célébrée.
Cette visibilité de la meule dit quelque chose d'essentiel sur la vie chrétienne et sur le lieu où cet autel est placé : dans les quartiers nord de Marseille, le sacrifice n'est pas quelque chose qu'on dissimule. Le grain broyé par la meule devient la farine dont naît le pain — et sur cet autel, le pain devient le Corps du Christ. Ce que Bernadette disait de sa propre souffrance offerte, chaque eucharistie le réalise : le broyage devient nourriture, la mort devient vie.