De dos, Notre-Dame du Réconfort révèle son secret le plus plastique — le vent. Jean-Joseph Chevalier a sculpté dans la pierre calcaire le souffle qui joue dans le manteau de la Vierge : les plis ne tombent pas, ils volent légèrement, animés par une brise invisible qui traverse la scène et donne à toute la figure un mouvement, une vie, un air.
Ce détail dit quelque chose d'essentiel sur la taille directe — graver le vent dans la pierre, c'est figer l'instant tout en lui donnant l'apparence du mouvement. Le manteau soulevé par le vent est l'un des gestes les plus difficiles à rendre en sculpture : il faut que la pierre mente, qu'elle dise la légèreté et le mouvement là où elle est dure et immobile.
Le voile qui couvre la tête descend dans le dos en plis travaillés avec la même attention que les volumes du visage. La ronde-bosse dans sa plénitude — aucune face n'est négligée. Celui qui tourne autour de la sculpture découvre ici, dans ce dos animé par le vent, peut-être le moment le plus poétique de toute l'œuvre.