Le profil gauche révèle d'emblée ce qui fait la singularité de *L'Éveil* parmi les sculptures figuratives de Jean-Joseph Chevalier : l'élan. Là où d'autres œuvres proposent le recueillement, la méditation ou le contact avec l'eau, *L'Éveil* affirme un mouvement ascendant, une tension vers le haut qui anime toute la silhouette depuis les pieds posés sur le rocher jusqu'aux bras levés derrière la nuque.
La patine bronze brun, dense et profonde, est très différente des patines dorées ou ocres des autres pièces. Elle évoque le bronze de fonderie ancien — ces petits bronzes académiques du XIXe siècle que l'on trouvait dans les ateliers et les cabinets de curiosités. Mais ici, la terre crue donne à la surface une vie que le métal fondu ne peut produire : des aspérités, des variations de ton, une texture qui dit la main.