Atelier — argile fraîche modelée à la main sur l'établi, premier volume du saint Laurent étendu posé, gril ébauché. Statuette en cours, Jean-Joseph Chevalier sculpteur d'art sacré, atelier de Brignoles.
Saint Laurent sur son gril · Étape d'atelier · Statuette 25 cm Vue IV  ·  V

L'Argile

L'argile première — Avant la cuisson, avant la patine

Avant le bronze, il y a l'argile. Cette vue d'atelier saisit la silhouette première du saint Laurent — le moment où la main du sculpteur d'art sacré pose les volumes sur l'établi, la tête ici, le corps là, le gril ébauché en dessous. C'est l'argile fraîche, humide, malléable : elle accepte encore tout, le repentir comme l'ajout, la torsion comme le creux. Rien n'est encore fixé.

L'argile est la plus ancienne matière de la statuaire chrétienne. Dans les catacombes romaines, les premiers chrétiens modelèrent leurs figurines votives en argile crue. Au Quattrocento toscan, Donatello, Verrocchio, Della Robbia firent de la terre cuite l'égale du marbre. C'est cette tradition que prolonge l'atelier, en lui ajoutant la patine bronze — le geste contemporain sur la matière ancestrale.

Cette photographie est volontairement dans le dossier de la statuette. Parce qu'une œuvre d'art sacré n'est pas une marchandise posée dans une vitrine : c'est un geste lent, qui commence par l'argile sur la planche. La transparence de l'atelier fait partie de l'œuvre. Vous savez d'où vient ce que vous tenez dans la main.

Les cinq vues de la statuette — survol pour explorer