Voici l'étape initiale de la statuette, l'instant qui précède tout modelage. L'armature de fer — cette ossature métallique qui porte la sculpture de l'intérieur et lui donne sa tenue — vient d'être recouverte d'une première couche de plâtre frais. Le fer ne se voit plus. Le volume général est posé. Mais les visages, les drapés, les détails — tout cela n'existe pas encore. C'est la silhouette première : une masse blanche, presque brutale, qui annonce une figure sans la révéler.
Cette photographie d'atelier documente un moment que les sculptures achevées masquent toujours. La technique du plâtre sur armature est ancienne — les sculpteurs du XIXe siècle, ceux qui préparaient les maquettes des grandes statues publiques, travaillaient de la même façon. Une tige de fer est tordue pour suivre la posture envisagée : la verticale du corps, l'inclinaison de la tête, la masse de l'Enfant contre l'épaule. Puis le plâtre est appliqué en paquets successifs, couche après couche, jusqu'à ce que la chair de l'œuvre recouvre l'ossature.
L'intérêt de cette étape pour le commanditaire — et pour celui qui contemple cette photo — est qu'elle prouve, sans équivoque, que la statuette a été entièrement fait main. Aucun moule industriel ne donne une telle image. Aucune statue tirée en série ne passe par ce moment de vulnérabilité visible — ce premier état où tout est encore possible, où le saint n'est qu'une promesse de saint, où le geste du sculpteur d'art sacré attend de venir tirer la figure hors de la masse.