De ce point de vue trois-quarts dos, la sculpture dévoile son architecture intime. Le corps est entièrement replié sur lui-même — genoux ramenés, bras qui enveloppent les jambes, nuque légèrement étirée vers l'avant dans une attitude de profond recueillement. Cette posture concentrée évoque l'instant qui précède l'éveil, ce moment suspendu entre la nuit et le jour que le titre *L'Aube* désigne avec précision.
La patine bronze dorée, dense et chaude, enveloppe chaque surface d'une lumière qui semble émaner de l'intérieur. Depuis cet angle, les volumes du dos — omoplates, colonne, hanches — se lisent avec une netteté anatomique remarquable, soulignés par les ombres profondes qui s'installent dans les creux. Le modelé est à la fois précis et souple, caractéristique d'une main habituée à travailler l'argile directement.
Le socle en marbre blanc aux bords arrondis dialogue avec la chaleur dorée de la figure. Ce choix d'un socle aux contours adoucis — plutôt que carré et strict — est en accord avec la douceur de la posture. La sculpture ne repose pas sur un piedestal rigide : elle s'installe sur une surface qui épouse sa présence.