Voici le visage de l'homme : traits barbus, dans l'attitude du recueillement et de la méditation. À côté du visage de l'ange aux yeux clos, ce second visage rappelle que l'attribut de Matthieu est bien l'homme ailé — l'humanité d'abord.
L'expression recueillie est celle de la pensée, de l'écrivain qui cherche ses mots. Matthieu n'a pas reçu l'Évangile tout fait : il l'a médité, composé, ordonné — son livre est le plus structuré des quatre, bâti comme un enseignement.
La surface, mi-polie mi-brute, est la signature du non finito : là où le visage est achevé, la lumière glisse ; là où la pierre reste rude, elle accroche. Ce contraste, obtenu à la main en taille directe, est le travail d'un sculpteur sur pierre d'art sacré.