Voici la tête du lion, attribut de Marc dans le tétramorphe. La crinière se dégage de la pierre : la bête n'est pas un simple ornement, mais la clé de lecture de l'Évangile, qui s'ouvre sur la voix qui crie au désert, là où rôde le lion.
Le lion du tétramorphe n'est pas la bête des cirques, mais le Vivant de la vision d'Ézéchiel et de l'Apocalypse — l'un des quatre qui entourent le trône de Dieu. Dans la tradition, on le dit ailé, signe de sa nature céleste ; ici, c'est la tête qui est saisie, et son rugissement annonce la puissance de la Parole.
Sculpté en taille directe dans la pierre calcaire naturelle, en non finito, ce détail montre comment un sculpteur sur pierre d'art sacré fait surgir l'animal de la masse. Une statue de saint en pierre véritable garde ainsi la mémoire du bloc d'où elle naît.